Il est utilisé pour traiter les blés et pour empoisonner son prochain ! C’est aussi le début de la chimie et de la médecine légale. Les empoisonnements criminels  aux sels de cuivre furent « le » fléau du XIXe siècle.

 

1814 : ORFILA *, Médecin légiste, Chimiste, Doyen de la Faculté de Médecine de Paris :

« On peut dire que l’empoisonnement par des préparations cuivreuses est un des plus communs et des plus importants à connaître. L’action délétère que cet oxyde exerce sur l’économie animale, sont autant de causes qui expliquent la fréquence de cet espèce d’empoisonnement », Traité des Poisons tirés des règnes minéral, végétal et animal ou toxicologie générale, en 4 tomes, Vol. 1 – 1ère partie, « Poisons de Première classe, Espèce IVe : les préparations du cuivre, 1814, page 239. http://selsdecuivre.w.pw/wp-content/uploads/2013/10/Traite_-des-Poisons-ORFILA-1814.pdf

 

 

1825 : « M. DERHEIMS, pharmacien à Saint-Omer (Pas-de-Calais), nous adresse une observation relative à un empoisonnement causé par une liqueur colorée par le sulfate de cuivre. Cette liqueur était celle connue sous le nom d’ « Absinthe suisse ». http://www.museeabsinthe.com/forums/lofiversion/index.php?t3016.html

 

 

1847 : Honoré de BALZAC :« Cette légère addition de cuivre…introduisit secrètement un principe délétère… ce qui fit des ravages incalculables » : Le Cousin PONS, page 125.

 

1855 : « Tout perclus d’âge mais tout enrichi, il prit pour femme la plus belle du pays. Mais elle pas si bête, elle l’empoisonne avec du vert-de-gris… », Chanson Le Comte de FRAMBOISY, http://www.paperblog.fr/554658/vert-de-gris/

 

 

 

1857 : « Le Cuivre, en ce temps bienheureux, ne servait plus qu’à faire du Vert-de-gris pour empoisonner les oncles riches », Le BOSSU, chapitre VIII, page 152.

 

1872 : « Citons également les sels de cuivre… pour empoisonner son maître », une des dernières affaires d’empoisonnement aux Sels de cuivre, devant les tribunaux en France en 1872, « Justice et science au XIXe siècle ou la difficile répression des crimes d’empoisonnement » par Magali BLOCH, Recherches contemporaines, 1997, n°4, page 110.

 

1874 : BRIAND et CHAUDÉ_ 1874 *« Le cuivre à l’état de métal pur n’a par lui-même aucune action sur l’économie, mais tous les oxydes et les sels de cuivre sont de violents poisons ». « Le sulfate (vitriol bleu, couperose bleue) est plus actif que l’acétate (cristaux de Vénus, verdet cristallisé), et ce dernier l’est plus que le verdet gris ou vert-de-gris artificiel (vert-de-gris du commerce), qu’il ne faut pas confondre avec l’oxyde carbonaté, en fait l’hydrogénocarbonate cuivrique Cu (HCO3)2, qui se forme, sous l’influence de l’air humide riche en anhydride carbonique CO2, à la surface des ustensiles et des vases de cuivre mal étamés, oxyde qu’on appelle aussi communément vert-de-gris », J. BRIAND, Professeur de Médecine et de Chirurgie de la Faculté de Paris et E. CHAUDÉ, Avocat à la Cour d’Appel de Paris, 1874, p.475.

 

« Le cuivre était également une arme populaire pour commettre des meurtres et un abortif en France au 19e siècle », « CUIVRE et composés » par Édouard BASTARACHE, * Médecin du Travail et de l’Environnement, Québec, CANADA, 2000.http://smart2000.pagesperso-orange.fr/cuivre.htm

Ceci n’est pas sans rappeler, au niveau de la contraception, l’usage des stérilets à base de cuivre métallique dont on connaît bien l’action spermicide.

 

1882 : Alexis MILLARDET, Professeur de Botanique à l’Université de Strasbourg, puis à celle de Nancy et de Bordeaux, sauve la vigne en créant la bouillie bordelaise, qui est un mélange de sulfate de cuivre et de chaux (l’hydroxyde de calcium) pour neutraliser son acidité : http://www.jf-doucet.com/approche/Personnes/Inventeurs/INVENTEURSGALERIE/PAGES/Millardet.htm

 

À partir de 1882, date de la découverte du Cuivre pour lutter contre le mildiou des vignes, nous pénétrons dans l’ère agricole du cuivre. Il ne sera plus question en France, pendant tout un siècle, de 1882 à 1981, de toxicité des sels de cuivre chez l’Homme, alors qu’elle était redoutée depuis l’antiquité ! Tout se passe comme si la France était tétanisée par son absinthe frelatée au sulfate de cuivre !  C’est ainsi que le cuivre est devenu l’ami de l’Homme !

 

1902 : Selon le Professeur BROUARDEL :« Il y a pour ainsi dire une mode dans les procédés d’empoisonnement par les sels de cuivre », « 369 procès pour empoisonnement aux sels de cuivre de 1835 à 1885 », P. BROUARDEL * Professeur de Médecine légale et Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université de Paris.BROUARDEL 1902