Le cuivre accompagne les activités humaines depuis au moins 8.000 ans. Il est le plus ancien métal utilisé par l’Homme, qui connaît ses nombreuses propriétés utiles pour prospérer, mais aussi néfastes, comme poison.

Ainsi, plusieurs civilisations ont découvert l’utilité du cuivre et aussi très souvent la facilité avec laquelle ce cuivre devient un poison.

Les secrets de l’utilisation du cuivre comme poison semblent protégés depuis des siècles.

Au XIXe siècle, cette technique fut sur-pratiquée puis totalement occultée au XXe et XXIe siècle.

C’est l’inacceptable empoisonnement criminel de la ferme de Niederwyhl par des sels de cuivre qui a eu pour effet la démonstration scientifique de la toxicité des sels de cuivre.


Dans l’antiquité : Les Grecs avaient compris qu’en fabricant des pigments avec des plaques de cuivre métalliques mises en contact avec des rafles de raisins et ceci pour obtenir ce magnifique pigment, ce beau Vert de Grèce, ils s’exposaient à une mortalité qui leur semblait incompréhensible. C’est pourquoi, ils ont abandonné cette production à haut risque.

Le vert-de-gris, qui est un produit de corrosion à la surface du cuivre, peut prendre plusieurs formes chimiques selon son milieu. Ainsi, dans l’air humide, riche en dioxygène (O2) et en anhydride carbonique (CO2), il se forme de l’hydrogénocarbonate cuivrique : Cu (HCO3)2, un complexe extrêmement toxique.

Utilisé également comme pigment, il a été abandonné parce que trop fragile, instable et toxique. Une longue tradition d’utilisation de vert-de-gris comme poison pratiquement indétectable, a perduré jusqu’à nos jours.

Dans l’Inde ancienne, ils savaient empoisonner les eaux des puits. En France aussi, au XIVe siècle, en plein Moyen Âge. Peut-être simplement en faisant tomber de la limaille de cuivre dans un puits, dans une eau qui devait être légèrement acide.


Chez les Égyptiens, le cuivre servait à fabriquer de magnifiques pigments bleus et verts : « Le mystère de la recette antique est enfin révélé. Cette énigme repose sur la cuisson d'un mélange spécifique de composés renfermant du silicium, du calcium et du cuivre avec un fondant à base de sodium, dans des conditions très contrôlées et ultrasecrètes ». http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/couleurs/loupe pigments3html


L’Égypte est la seule civilisation ancienne qui classe le cuivre parmi les poisons « avec l’antimoine, l’arsenic, le plomb, l’opium et la mandragore », ce qui montre un très haut niveau de connaissances scientifiques : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_poisons


Une découverte qui modifiera le destin du cuivre fut celle de l’acide chlorhydrique au voisinage de l’an 800 par l’alchimiste perse Jabir Ibn HAYYAN, qui l’obtint « en mélangeant du sel ordinaire (le chlorure de sodium, NaCl) et du vitriol (l’acide sulfurique, H2SO4) en solution », (ou vitriol fumant). https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_chlorhydrique.


« Jabir découvrit et inventa un grand nombre de produits chimiques et relata ses découvertes dans plus de vingt ouvrages qui permirent la propagation de ses connaissances sur l'acide chlorhydrique et d'autres produits chimiques pendant plusieurs siècles. Son invention de l'eau régale, mélange d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique permettant de dissoudre l'or, participa à la quête de la pierre philosophale.


Les Alchimistes, dont le Saint Grand Albert, célèbre Philosophe, Théologien et Alchimiste, (1200 – 1280), utilisant ce procédé de dissolution des métaux, cherchaient à créer des richesses et à trouver la panacée. Ils étaient tous convaincus qu’ils pourraient préparer de l’or à partir de métaux moins nobles et trouver la panacée, le remède prétendu universel.


Le serment d’Hippocrate, qui datait du IVe siècle av. J.-C., faisant référence à Panacée, fille d’Asclépios, dieu de la Médecine, « une déesse grecque, qui prodigue aux Hommes des remèdes par les Plantes », a été réactualisé en 1996 : il n’est plus question, ni d’Asclépios, ni de  Panacée, ni de remèdes par les plantes : http://www.zapperwise.org/f_hippocrate.htmlh


Le cuivre dissous par un acide, le sulfate de cuivre, était appelé autrefois vitriol bleu. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sulfate_de_cuivre. « Le vitriol, mot issu de l’ancien français « vedriol » correspondant au sulfate de fer, qualifiait un composé dit sulfaté, à base d’un sel de fer. Il pouvait s’agir suivant le contexte ou le lieu, de sulfate ferreux, de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de sulfate d’ammonium… » https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitriol.


En alchimie mystique, l'acronyme V.I.T.R.I.O.L. se décrypte Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem et se traduit par« Visite l'intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée », repris par certaines loges maçonniques, http://www.ledifice.net/3040-2.html

Durant tout le Moyen Âge, « le sulfate de cuivre ou vitriol bleu » est « une substance qui agit très efficacement contre les germes de la carie (une maladie qui détériore le tissu végétal des grains de blé) : Encyclopédie nouvelle ou dictionnaire philosophique, scientifique, littéraire et industriel, offrant le tableau des connaissances humaines au dix-neuvième siècle, sous la direction de MM. P. LEROUX et J. REYNAUD, 1837, tome 3, page 257 :https://books.google.fr/books?id=ut1DMsQu44UC&pg=PA257&lpg=PA257&dq=encyclop%C3%A9die+leroux+cuivre+contre